Yaounde- Exposition Architecture des Indépendances-Manuel Herz-Photos :Iwan Baan,Alexia Webster Goethe Institut -Decembre 2016

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Cette sélection de projets illustre bien le fait que ces architectures émanaient du même courant de pensée créative . Conçus pour la plupart par des architectes non africains, ils expriment un langage appliqué à l’Afrique, autonome de la matrice européenne coloniale d’antan. L’expérimentation de combinaisons et technologies dans de nouveaux contextes permettent des concepts plus audacieux et l’utilisation d’éléments décoratifs valorisant les cultures locales. C’était la belle époque des commandes publiques nécessaires , symbolisant la réappropriation culturelle du cadre de vie urbain.



J’en retiens l’utilisation innovante des briques de terre de manière moderne devenue intemporelle . A Lusaka, les maisons comportent en façade des ouvertures circulaires faisant office de brise-soleil . Le calepinage décalé des briques crée un maillage mettant en valeur l’arrondi des patios. Ce langage architectural rappelle l’Indian Institute de Louis Kahn. Des logements d’étudiants, organisés autour d’un atrium et de galeries, conservent l’aspect brut des briques de terre à l’intérieur des volumes. A Saint Louis, les murs des résidences des étudiants sont traités comme du pisé. A Dakar, le contraste entre le fini »coquille d’œuf » de l’enduit des murs extérieurs et les appareillages décoratifs en briques de terre de l’école des bibliothécaires a traversé les frontières et se retrouve sur les façades de l’imprimerie nationale de Yaoundé. A Abidjan, structure mixte de béton et briques à montages ajourée et claustras pour l’université.


L’évolution de l’utilisation des claustras est visible. De l’époque coloniale, de Dakar à Abidjan, persistent les claustras aux formes géométriques. Incorporés dans les balustrades et façades des cages d’escaliers, ils permettent le passage de l’air. Dans le cas de leur autre fonction de brise-soleil ils sont positionnés à l’avant des baies vitrées. Souvent en béton, quelque fois en métal. Ce principe permet d’animer les façades en leur donnant un rythme de géométrie abstraite tel l’écran de béton constituée d’éléments en saillie de cet immeuble de 8 étages à Lusaka. Le résultat le plus sculptural étant la façade de l’hôtel Indépendance de Dakar rappelant une « texture d’écailles disproportionnées ».




L’utilisation récurrente des portiques et la création de coursives couvertes le long des voies permettent des circulations piétonnes diverses , ce qui apporte une urbanité de détail .Cette expression fait directement référence au vocabulaire de Le Corbusier. Souvent en forme de V,traité de manière sculpturale,il confère une légèreté aux bâtiments ainsi portés.

Bien qu’emblématiques , ces architectures doivent aujourd’hui être rénovées. Comment faire évoluer cette modernité nostalgique et formaliste en une modernité en mouvement. Que peut on en conserver dans la définition des espaces et modénatures actuelles? Une qualité et diversification des espaces à retrouver certes, mais aussi des détails de mise en œuvre qui ont su donner une particularité et du sens à l’architecture africaine. Ce récent projet primé de tour pour Lagos, qui reprend le vocabulaire des façades écrans à motifs graphiques appliquées sur des volumes simples surélevés est une réminiscence revisitée et heureuse de cette époque,dans une version bois.

 

 

 

Exposition:Manuel Herz-Photos :Iwan Baan,Alexia Webster) Goethe Institut -Decembre 2016

Daniele Diwouta Architecte
Daniele Diwouta Architecte
http://ddiwouta-architect.com

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